Grandes périodes du design, matériaux, ergonomie, éditions authentiques et rééditions, et comment composer un intérieur.

Le mobilier design se reconnaît à quelques traits : des lignes épurées, une attention à l'ergonomie, et l'emploi de matériaux souvent nouveaux à l'époque de leur création. Ce n'est pas un style unique, mais une succession de courants qui se répondent.
Le Bauhaus, dans les années 1920, pose le principe fondateur : la forme suit la fonction, l'ornement disparaît, et l'objet doit pouvoir être produit industriellement. C'est de là que viennent le tube d'acier cintré et le vocabulaire géométrique qui domine encore.
Le milieu du vingtième siècle, souvent désigné par l'expression anglaise mid-century, apporte le bois clair, les formes organiques et le contreplaqué moulé. Les designers scandinaves y ajoutent une chaleur de matière qui a beaucoup fait pour la diffusion du design dans les foyers.
Les années 1960 et 1970 introduisent le plastique et la couleur ; les années 1980 la rupture postmoderne, ludique et ornementale. La période récente est marquée par le réemploi, la réparabilité et les matériaux biosourcés.
Le bois massif se répare, se ponce et vieillit bien ; le contreplaqué et le placage permettent des formes courbes impossibles autrement, et se dégradent irrémédiablement en cas d'humidité. L'acier, chromé ou laqué, offre des sections fines à grande résistance. L'aluminium allège.
Le verre trempé apporte de la transparence et allège visuellement une pièce , une table basse à plateau de verre sur pieds d'acier occupe l'espace sans le remplir. Les plastiques techniques permettent le monobloc et la production en série ; leur point faible reste le vieillissement aux ultraviolets et la difficulté à réparer.
Un beau siège inconfortable est un mauvais siège. Quelques dimensions suffisent à trancher en magasin : une assise de chaise autour de 45 centimètres de hauteur, une profondeur de 40 à 45, une table de repas à 74 ou 75 centimètres avec un dégagement suffisant sous le plateau, un plan de travail entre 90 et 95 selon la taille des utilisateurs.
Pour un fauteuil, le test est simple : s'y asseoir 10 minutes, pas 10 secondes. Pour un canapé, vérifier la profondeur d'assise selon la taille des occupants, une assise profonde à la mode oblige les personnes petites à s'asseoir en tailleur.
Une pièce de design ancienne peut se trouver sous trois formes. L'édition d'origine, produite du vivant du designer, avec sa valeur de collection. La réédition officielle, produite aujourd'hui par l'éditeur détenteur des droits, selon les plans originaux, c'est ce que l'on achète le plus souvent.
Et la copie, vendue à bas prix. En France, le droit d'auteur protège les œuvres du design pendant 70 ans après la mort de l'auteur : la commercialisation d'une copie non autorisée est illicite, et la jurisprudence est constante. Au-delà du droit, la différence se voit à l'usage : matériaux, finitions, et durée de vie n'ont rien de comparable.
Trois principes tiennent lieu de méthode. Une pièce forte, pas 10 : un seul objet remarquable structure une pièce, plusieurs se neutralisent. Le vide compte autant que le plein, des dégagements d'au moins 70 centimètres pour circuler, et un canapé légèrement détaché du mur donne paradoxalement plus d'ampleur.
Enfin, la lumière fait davantage que le mobilier : trois niveaux superposés (général, fonctionnel, d'ambiance), une température de couleur chaude autour de 2 700 kelvins dans les pièces de vie, et un variateur au salon. C'est le poste le moins cher et le plus transformateur.